Plan stratégique pour l'asso

Hello,
Après de multiples réflexions (*) je pense qu’il est temps que l’asso OSM-Fr se dote d’une stratégie que nous devrions co-construire ensemble.
Il me semble que nous devrions chercher à construire un consensus autour d’une stratégie claire, en prenant comme exemple Wikimedia France (**).

Voici ma proposition comme première base de discussion :

Constat / stratégie actuelle

Pour rappel, les objectifs de l’asso sont de :

  • promouvoir le projet OpenStreetMap et notamment la collecte, la diffusion et l’utilisation de données cartographiques sous licences libres.
  • apporter du soutien à la communauté et assurer un cadre légal nécessaire au développement du projet.
  • être le support à l’organisation du rassemblement annuel le State of the Map France.

Ce dernier point étant assuré avec succès, je pense que nous devrions dédier des moyens pour promouvoir le projet et soutenir la communauté.

Proposition de stratégie

C’est donc sans surprise que je propose d’axer les actions de l’association sur :

  1. améliorer la promotion du projet, ce qui peut passer par donner une meilleure visibilité des actions de la communauté, de la relation presse, la présence sur un plus grand nombre d’événements … et cela à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté.
  2. apporter un meilleur soutien à la communauté, que ce soit par le développement des groupes locaux, de support à des projets individuels ou collectifs impliquant la communauté, d’actions visant à recruter de nouveaux contributeurs …
    Plus largement, il s’agit de supporter les actions permettant d’améliorer la quantité, la qualité et la profondeur des données.

Je pense que pour y parvenir, nous devons lever le relatif tabou pesant autour de l’argent qui bloque actuellement notre association.
Je propose donc de prévoir l’augmentation conséquente de nos recettes pour un financement réaliste mais ambitieux à horizon 2 ans. Ce qui m’amène au troisième axe stratégique :

  1. Diversifier les sources de revenu tout en sécurisant notre indépendance

Qu’en pensez-vous ?
Merci pour vos retours sur le sujet.


(*) Voir à ce sujet :

(**) Je suis conscient qu’une discussion de forum n’est pas très adaptée pour créer un consensus. Je pense que c’est néanmoins un début et que l’on devrait approfondir le sujet lors des visios de CA voire organiser un événement physique (avec un coach/animation, pourquoi pas).

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Je regarderai aussi Open Food Facts, qui est/était plus à notre échelle et a changé de braquet ces dernières années.

Wikimédia France a juste un bugdet environ 20 fois supérieur au nôtre… avec une grosse partie qui vient de la fondation.

Apres OFF, ils ont eu un billet de Google de 1 million. Ils ne sont déja plus à notre échelle financière. Disons que WMFr a de l’expérience, ce qui n’est pas le cas de OFF.
Mais on peut effectivement regarder du côté de leur plan stratégique.

Question un peu philosophique : les difficultés que rencontre OSM avec une fédération sportive qui cherche à sécuriser ses revenus par la propriété intellectuelle montrent que l’argent peut créer une dépendance nuisible aux objectifs initiaux, quels seraient les mécanismes mis en place pour se préserver de ce risque ?

Oui, pour ça que j’ai indiqué est/était… et le premier changement de braquet a démarré avant le financement de Google.

Ne nous focalisons pas sur le financement, c’est un moyen, pas une fin.

Bonsoir,

Est-ce que l’aide à la réutilisation des données est envisagé ? Je crois avoir lu quelque chose là-dessus (ou cela a été évoqué dans la phase débat de la présentation d’ @overflorian) car sans réutilisateurs, les données ne sont pas utiles.
Ne serait-il pas intéressant de voir à lancer quelques sujets de contribution pour faciliter la vie de projets mettant en avant un jeu particulier de données ? L’objectif étant que ces projets deviennent aussi des vitrines de la qualité des données ouvertes d’osm. Bien entendu cela doit aussi passer par de la communication des acteurs des projets ainsi « aidés ».
Si en plus il y a du « business » derrière il est envisageable qu’un don de remerciement se fasse, mais il ne faut pas tabler dessus comme moteur de la contribution.

Pour expliquer un peu plus ce que j’ai en tête, ce serait d’idenciter par exemple un SDIS (secours incendie) qui aimerait passer sur des guidages routier basé sur osm mais qui ont besoin d’amélioration de la donnée, ils disent que par exemple ils souhaitent que 90% des adresses soient dispo sur les communes X, Y, Z pour dans 4 mois, ceci afin de lancer une bascule sur leur système de guidage, 95% pour dans 6 mois et 99% pour dans 1 an. Ainsi que l’ajout de divers objets utiles à leurs besoins (bornes incendie, réservoirs, …). ‹ Chiffres donnés sans vraiment savoir ce que cela implique :smiley: ›
Je suis persuadé que la communauté serait capable de se mobiliser ponctuellement sur de tels projets et cela fait une com’ hyper positive et plus il y aura de SDIS basculant sur de la carto OSM, plus cela en attirera et servira d’émulation. Les SDIS ont aussi du poids pour demander que des données des communes soient mises en opendata…

J’ai peut-être digressé par rapport au sujet initial.

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yep, cependant aujourd’hui il y a des soucis récurrents sur des projets jugés critiques (je pense cyclosm, osmose, umap, j’ai l’impression qu’il y a eu quelques pertes de cartes dernièrement, …). Ces sujets sont biens un fin, au regard de nos objectifs. Et comme il semble difficile de demander plus à la fantastique tech, peut-être faut-il mettre de l’argent pour cela, une grosse prestation dessus ?

Et avant de penser à du salariat (qui pour ma part m’effraie en tant que CA, je pense que nous n’avons pas les épaules pour cela), il me semble que sur certains des axes on pourrait réfléchir à des prestations ou du soutiens par des mises à dispo (cela peut inclure pour le sotm fr un soutien à la prépa, la logistique amont, la comm presse, l’administratif …)

Merci Florian de soulever ce sujet très intéressant. D’un point de vue de libriste qui avait vaguement entendu d’OpenStreetMap en 2008 pour ne plus en entendre parler jusqu’en 2020 (grâce à un prof de Math/SNT), je pense qu’il y a un réel souci de valorisation et/ou de visibilité. Cela de manière mondiale et non spécifiquement française.

Au contraire même, puisque le nombre de partenariats, projets et outils que vous avez portés est remarquable. Merci !

Afin de répondre à ces objectifs, il me semble important d’identifier les points forts / points faibles d’OSM et de trouver un segment dans lequel il trouverait une place disponible, pertinente et motivante pour ceux qui veulent s’en occuper.

En ce qui concerne le soutien à la communauté, il me semble important de sonder les contributeurs et groupes locaux sur leurs attentes et leurs besoins. Un même sondage annuel permettrait aussi une analyse fine sur l’évolution de la communauté au fil des ans.


Voici ma proposition d’analyse :

Identification des points forts :

  • Local : OpenStreetMap permet de aux gens d’un territoire de s’approprier leur(s) carte(s) à la différence des autres acteurs. Cela peut aller d’une mairie qui veut avoir une carte la plus complète et correcte possible, aux associations vélo qui veulent pouvoir analyser les aménagements, aux communautés linguistiques (oc, br, ca, eu) qui peuvent bénéficier d’une carte adaptée, etc.
  • par extension, parfaitement adapté aux segments sous-représentés ou mal représentés en carto (petits villages, PMR, etc)
  • Collaboratif
  • Gratuit
  • Libre = Données réutilisables (je précise car c’est souvent confondu avec gratuit)
  • licence héréditaire
  • semblable à un service public
  • Base de Données centralisée et standardisée
  • Éthique (à nuancer, ex : maps.me)
  • beaucoup de partenariats en France
  • de nombreux services pertinents (uMap, CyclOsm, osmose, geodatamine, etc)

Identification des points faibles

  • peu de visibilité : Prégnance forte de google
  • culture numérique pauvre de la population et des décideurs (que ce soit sur les outils ou les enjeux stratégiques, économiques et philosophiques)
  • En concurrence avec un Google maps multifonctionnel (une 10aine de services en 1) : quel intérêt d’osm ?
  • pas de site web vitrine digne de ce nom pour les utilisateurs lambda
  • apparemment, manque de connaissances des SIG de l’écosystème OSM, et des moyens de visualiser, récupérer les données
  • Licence libre mais héréditaire (et oui, l’humain est un parasite)
  • peu de diversité de profils dans la communauté
  • outils éparpillés

Périmètre de la promotion ?

  • Communication : oui, mais à qui (citoyens, politiques, services publics, SIG, entreprises, autres)
  • Quelle thématique : sous quel angle présente-t-on OSM ? Est-ce une base de données, un service de cartes ?
  • Comment mettre en valeur osm pour le promouvoir au mieux ? Quels projets mener et dans quels secteurs les atouts d’osm peuvent combler des manques ?
  • finalement : à quels besoins extérieurs à la communauté ou intérieur on souhaite répondre ?

J’ai quelques idées pour répondre à ces questions mais je laisse ça pour un autre pavé :grin:

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Deux questions que je me pose après la lecture de cette excellente analyse :

  • est-ce qu’OSM n’est pas avant tout une communauté plutôt que des outils, une carte ou une base de données ? Google, par exemple, est une marque qui recouvre beaucoup de choses différentes. Et une communauté qui fonctionne a autant si ce n’est plus de valeur qu’un produit.

  • quels seraient les indicateurs de succès de la stratégie choisie ?

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Oh que oui !

Je répète depuis des années que si un choix devait être fait entre perdre les données ou perdre la communauté, je choisis le premier sans aucun doute, car la communauté recréera les données (et pas l’inverse).

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Merci pour vos réponses.

je pense qu’il y a un réel souci de valorisation et/ou de visibilité

@LySioS j’en suis également fortement convaincu

quels seraient les indicateurs de succès de la stratégie choisie ?

@StC c’est une question importante mais il est trop tôt pour l’aborder. Priorisons d’abord, mettons en place ensuite les indicateurs / actions à mettre en place.

@pl6025 j’exclue volontairement l’aide à la réutilisation de données par des entreprises, bien que pouvant entrer dans la catégorie du « soutien à la communauté ».

Je suis convaincu qu’élaborer une stratégie efficace implique d’établir des priorités claires et limitées.
Voici donc ma proposition détaillée d’objectifs prioritaires.

D’où ma proposition de priorisation centrée sur 1. promotion 2. soutien à la communauté 3. diversification des revenus.

En conséquence, je propose de dé-prioriser d’autres sujets importants, je pense notamment à :

Autres axes stratégiques identifiés non-priorisés

– investir dans la technologie, financer les évolutions de services prioritaires
– professionnaliser notre gestion des serveurs
– soutenir / développer des partenariats structurants (comme ceux avec l’IGN et Enedis)
– favoriser la réutilisation des données par les entreprises (qui est plus du ressort des membres de la fédé des Pros d’OSM que de l’asso)

  • soutenir l’organisation annuelle du Sotm-Fr

Je m’attends évidemment à des désaccords de votre part, et c’est tout à fait sain : la priorisation est forcément compliquée (et implique des sacrifices).

En fait je ne plaçais pas la question sur le terrain de l’action mais sur celle de la vision. Au service de quelle vision doit se placer la stratégie à définir ? Comment peut-on dire si on se rapproche ou non de la vision ?

Ta remarque est tout à fait pertinente et je pense qu’elle doit représenter une bonne part de ceux qui voient d’un mauvais œil cette question de stratégie qui sonne tres professionnelle/commerciale.

Dans les projets de Florian (voir plus bas), on a ces 2 visions stratégiques : celle du positionnement en tant qu’acteur incontournable des SIG et celle communautaire du soutien aux contributeurs.

Selon moi, ces 3 axes sont poreux. La meilleure promotion sera la mise en place et l’adoption de projets/outils par la communauté (qu’elle soit locale ou nationale) au bénéfice de tous. C’est le côté service public non institutionnel dont je parlais plus haut.
C’est aussi la mise en place d’initiatives concretes qui permet plus facilement de lever des fonds.

On sacrifiera des biches :deer::dagger:

En lisant ta réponse je prends conscience qu’il y avait deux terrains possibles sur lesquels interpréter ma question. En ce qui me concerne, je me plaçais sur le terrain « technique » plutôt que « politique » : quelles sont les forces de la marque OSM sur lesquelles il est possible de s’appuyer pour trouver la place souhaitée dans l’écosystème. Et ce que je voulais souligner, c’est qu’il pouvait être plus fort de s’appuyer sur la marque « communauté » que sur la marque « carte » ou « outils ». Ca me semble compatible avec les deux visions que tu mentionnes.

Le terrain « politique » je m’y plaçais plutôt dans mon autre question, qui visait à clarifier ce qui est visé comme place dans l’écosystème.

juste des panneaux biche ;-).

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Bonjour,

Pour moi, il y a un problème de visibilité du projet (communauté) OpenStreetMap.

Beaucoup de gens ont déjà utilisé des fonds de carte OSM sans connaître le projet.

Les fonds de carte OSM sont utilisés par Strava, Mappy, GPS Garmin vélo (voiture?) …

Quand je parle d’Openstreetmap à des personnes qui utilisent ces sites la réponse est open quoi ?

L’autre problème est l’aide au débutant qui peut se perdre dans tous les outils pour contribuer au projet. Il y a un grand nombre de personnes inscrites qui ne fond aucune contribution.

J’ai mis plusieurs mois entre la connaissance du projet et mes premières contributions.

Ce ne sont que des réflexions, je n’apporte aucune solution.

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merci. C’est toujours intéressant. Effectivement le projet OSM est peu connu du grand public comparé à Wikipedia. Il nous appartiendra je pense de corriger ce déficit de communication/connaissance externe.

Le problème OSM, c’est qu’il n’est pas utilisé de manière directe.
Le grand public va sur Google map, Wikipedia … mais ne va pas sur OSM . Il utile Stava, Mappy, …

Tout à fait concernant l’utilisation. Il convient de l’expliquer plus clairement. De là, il nous appartient de faire plus de communication pour attirer plus de contributeurs et créer un cercle vertueux.