Forum OSM France

Stratégie / gérer la dépendance aux acteurs externes

Suite à notre discussion concernant la stratégie, discutons ici plus précisément de solutions pour mieux gérer la dépendance aux projets externes.

L’idée est de se doter d’une stratégie (à l’échelle globale mais on peut la décliner pour OSM-Fr) pour organiser, prévoir, mieux articuler la relation qu’OSM maintient avec des acteurs externes.

De mon point de vue, pour l’instant voilà notre stratégie actuelle :

(bazar étant entendu dans sa version noble telle que définie par Eric Raymond dans "la cathédrale et le bazar)

Le projet est organisé en mode binaire : soit un sujet est géré directement en interne, soit il est laissé au bon soin du bazar.

Affinons la stratégie
Ce fonctionnement ne convient plus, il me semble, à la taille et l’ambition d’OSM.

Et voilà vers quoi nous pourrions tendre :

Pour chaque projet en particulier (Les routeurs, les notes, les API …), faisons une évaluation de la dépendance basée sur de nombreux critères (code source ouvert, données publiées en open data, gouvernance, but lucratif ou non, proximité / intrication avec la communauté …) et décidons en conséquence d’une stratégie.
Cette stratégie pouvant être plus fine que « laissez-faire » ou « faire nous-même », impliquant des possibilité de délégation (partielle ou complète, sous forme de partenariat (financé ou non) ou de sous-traitance. De très nombreuses possibilités mixtes existent et surtout, l’approche pour chaque sujet doit être réévaluée au cours du temps.

Exemple 1 : l’API de contribution tombe parfois en panne. Pour atteindre notre vision de devenir la plateforme cartographique libre, ouverte, collaborative et universelle pour le crowdsourcing nous avons besoin d’une API constamment fonctionnelle.
Conclusion : on sous-traite (tout ou partie) pour garantir un taux de disponibilité plus élevé.

Exemple 2 : Pour atteindre notre vision de devenir la plateforme cartographique libre, ouverte, collaborative et universelle pour la consommation de données une appli mobile généraliste grand public (style Google Maps) est importante.
Le mouvement OSM n’ayant pas vocation a créer une appli OSM officielle, nous mettons en place / déléguons (selon les cas) des APIs, des SDK, de la doc … pour qu’une telle appli émerge.
Il peut être envisagé de soutenir plusieurs applis (des « distributions ») ayant chacune leur spécificités. Le soutien d’OSM peut être remis en cause en cas de manquement.

PS : l’idée des cercles concentriques est issue du concept de « cercles concentriques de communauté » (source) tels qu’appliqués chez Mozilla.
PPS : la seule structure ayant la légitimité de porter une telle stratégie me paraît être la fondation. La réforme de sa gouvernance étant un sujet à part entière.

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Bonjour.

Je pense pour ma part que sans ne rien modifier, il faut se méfier de ne pas « avoir » les yeux plus gros que le ventre.

L’expérience Framasoft est intéressante sur ce point : le succès de leur campagne « Dégooglisons Internet » a été tel que l’association a dû revoir quel était son cœur d’activité (lire ce fil de blog).

Pour la suite, une alternative au mode binaire serait la participation active à d’autres projets.
Si je prends l’exemple 2, il n’y a pas eu besoin d’OSM-fr pour que fleurissent des applications mobiles, il suffirait de s’appuyer sur une existante et de participer pour qu’elle aille dans le sens voulu.

En bref, je crois plus à un mode décentralisé et de participation croisée qu’en une tentative de « régulation ».

Pour finir, je pense qu’il est important de garder en tête (et de préserver) le caractère « amateur » du projet : si OSM devient si important pour certains, qu’ils s’y investissent.

Une autre piste pour pérenniser OSM serait (je souhaite la même chose pour Wikipédia (fr)) serait d’influer de telle sorte que ça s’intègre dans les institutions universitaires voire scolaires : que ça deviennent un de leurs outils de base : s’appuyer dessus pour l’apprentissage, collaborer pour ajouter, vérifier, amender les données.

Merci @m_a_n_u pour cette réponse. Tu abordes plusieurs sujets :

  1. « Pour la suite, une alternative au mode binaire serait la participation active à d’autres projets. »

Je suis d’accord que l’ambition de casser la binarité actuelle (bazar VS core) comme détaillé dans les graphiques ci-dessus passe par le support à des projets existants. Et, en effet, cela passe par des décisions et de l’implication décentralisée. C’est même le cœur de ce que doit rester le projet.

Néanmoins, il me semble également important de compléter ce mécanisme « naturel » en se dotant d’une stratégie plus centralisée pour une partie limitée de l’écosystème. Dans le cas contraire, l’évolution d’OSM restera essentiellement tributaire des aléas et des décisions exogènes, notamment des acteurs disposant d’un grand capital (dont Facebook, Apple, Mapbox pour ne citer que les plus gros).
Cela vaut notamment pour les sujet non-techniques.

Voici une illustration de ma pensée :

  1. « je pense qu’il est important de garder en tête (et de préserver) le caractère « amateur » du projet »

Ce point de vue mérite d’être affiné. Parles-tu de la contribution à la BDD, de la gestion de serveurs, de l’organisation de la communauté ? Il peut y avoir plusieurs approches, comme je viens de l’exposer dans mes illustrations ci-dessus.

Pour ma part, je pense que nous devrions libérer du temps à la communauté bénévole pour qu’elle puisse se focaliser sur les sujets où elle excelle, les sujets « funs ».
Professionnaliser en partie les fonctions support ne devrait pas nous faire peur.

Dans ma présentation, je liste (à 14:27) quelques idées d’objectifs qu’OSM pourrait prioriser :

  • UX
  • Recrutement et fidélisation
  • Diversité
  • Formation
  • Communication / lobbying
  • Développer les chapters
  • Utilisabilité des données
  • Rattraper la dette technique
  • Meilleure collaboration avec pouvoirs publics et entreprises

En structurant mieux ces tâches, cela libérerait de l’énergie pour se focaliser sur l’essentiel.

  1. « Une autre piste pour pérenniser OSM serait (je souhaite la même chose pour Wikipédia (fr)) serait d’influer de telle sorte que ça s’intègre dans les institutions universitaires voire scolaires »

+1. Plusieurs d’entre nous assument d’ailleurs déjà des missions auprès d’écoles / universités dans ce but.